Canadian Church Leaders Call on Prime Minister to Press for End to NATO Bombing of Kosovo and Yugoslavia

Tasneem Jamal Americas, Armed Conflicts, Defence & Human Security, Europe

Letter to Prime Minister Jean Chrétien.

(français)

April 13, l999

The Right Honourable Jean Chrétien
Prime Minister of Canada
House of Commons
Ottawa, Ontario K1A OA6

Dear Prime Minister,

We write to you as leaders of Christian churches, appealing to you to press for an immediate, unilateral moratorium on the NATO bombing campaign. We are conscious of the heavy responsibilities you are carrying on this difficult question, and of the serious debate that took place in the House of Commons. Nevertheless, we appeal to you to replace the current strategy with renewed diplomatic efforts to reach a negotiated solution.

Our church colleagues in the Vatican, in churches throughout Europe and Russia, and particularly in the Balkans have appealed to NATO, to the Serbs and to the Albanian Kosovars to stop all military action and begin dialogue immediately. They also appealed to all parties to restrict themselves to non-violent means to achieve a just settlement to the conflict, as well as to protect vulnerable people. We join them in that appeal.

Our concern has been deepened by our church partnerships in the region and by our knowledge of people caught in the situation. It has been heightened by our experience of Holy Week and Easter, when we celebrated again the mystery of One who suffered and died so that all people everywhere should experience God’s gift of reconciliation, justice, and peace. To spurn that offered gift in favour of violence is morally and spiritually wrong.

As Christians, we believe that all human persons constitute one world-wide family. All people, within and beyond our borders are our neighbours. Therefore, we have a responsibility to do our utmost to protect fellow human beings when they are in great danger of human rights violations or of being caught in the path of warring parties. As a consequence of that responsibility, we have in principle supported Canada’s interventionist role in defence of human rights and in peacebuilding. In the present case, we can not support the means.

In principle, we also support Canada’s determination to see that human rights violators are vigorously prosecuted under international law. The moral issue for people and for states committed to peace and human rights is finding the means that will help build, and not undermine, the conditions that undergird peace and security for people and effective respect for their human rights.

We recognize that in the present situation in former Yugoslavia every course of action, including non-violent and diplomatic means, will produce tragedies. The challenge is to do the difficult work of finding the means that are best suited in this particular situation to the restoration of peace and justice. NATO bombing has only escalated the tragedy and created a starker humanitarian catastrophe.

We urge you to give leadership in seeking a wider range of diplomatic alternatives. For example: we believe it is urgent to shift the political focus of diplomacy out of NATO and into the Organization for Security and Co-operation in Europe (OSCE), whose membership includes all of NATO, as well as Russia and all the other states affected by this crisis. Canada needs to take advantage of its hard-won position on the Security Council, calling on it to perform the central overseeing role in the diplomatic and humanitarian response to the crisis. Canada’s formal commitment to human security makes diplomatic activism along these lines plausible. Our role in NATO bombing undermines it.

Our church members, like many other Canadians, are stepping forward to offer their support to people displaced by the bombing and by Serbian military action They are also standing by to receive refugees who choose to come here. They tell us how much they appreciate the government’s efforts to protect displaced people in the affected region, as well as to offer refugees a place in Canada if they choose to come. But we also want to convey to you the horror people have expressed to us as they have witnessed the effects of these military actions on men, women, and children.

You who bear the heavy burden of governing are faced with the difficult recognition that, while a great good was sought, in fact a great evil has been done. In this moment we urge you as the Prime Minister of our country to stop, reconsider, and carefully change direction.

Sincerely,

The Most Rev. Michael G. Peers
Primate
Anglican Church of Canada

Msgr. Peter Schonenbach, PH
General Secretary
Canadian Conference of Catholic Bishops

Archbishop Hovnan Derderian
Primate
Canadian Diocese of the Armenian Orthodox Church

Dr. Helmut Harder
General Secretary
Conference of Mennonites in Canada

Bishop Telmor Sartison
Evangelical Lutheran Church in Canada

The Right Rev. Seraphim
Bishop of Ottawa and Canada
Orthodox Church in America

Gale Wills, Clerk
Canadian Yearly Meeting
Religious Society of Friends (Quakers)

The Rev. Dr. William Klempa
Moderator of the 124th General Assembly
The Presbyterian Church in Canada

The Very Rev. Bill Phipps
Moderator
United Church of Canada

 

le 13 avril 1999

Très honorable Jean Chrétien
Premier ministre du Canada
Chambre des Communes
Ottawa, Ontario K1A 0A6

Monsieur le Premier ministre,

 

Nous nous adressons à vous en tant que dirigeants d’Églises du Canada, vous priant de demander un moratoire immédiat et unilatéral sur la campagne de bombardements de l’OTAN. Nous sommes conscients des lourdes responsabilités qui vous incombent relativement à cette difficile question, ainsi que de l’important débat auquel elle a donné lieu à la Chambres des Communes. Nous vous demandons de remplacer la stratégie actuelle par de nouvelles démarches diplomatiques en vue d’une solution négociée.

Nos collègues religieux du Vatican, d’Églises de toute l’Europe et de la Russie et, plus particulière ment, des Balkans ont appelé l’OTAN, les Serbes et les Kosovars de l’Albanie à mettre fin à toute action militaire et à amorcer immédiatement le dialogue. Ils ont également demandé à toutes les parties de se restreindre à des moyens non violents pour en arriver à une solution équitable du conflit et pour protéger les populations vulnérables; nos voix viennent ici se joindre aux leurs.

Nos partenariats avec les Églises de la région, joints à notre connaissance de personnes victimes de la situation, viennent augmenter notre inquiétude, ravivée par la Semaine sainte et la Pâque, moments où nous avons célébré de nouveau le mystère de Celui qui a souffert et qui est mort pour que tous les humains reçoivent ce don de la réconciliation, de la justice et de la paix que Dieu nous a fait. Il est mal, tant du point de vue moral que spirituel, de rejeter cette offre en faveur de la violence.

Nous croyons, en tant que chrétiens, que tous les humains constituent une seule et grande famille.
Tout le monde, que ce soit chez nous ou hors de nos frontières, est notre prochain. Nous avons donc la responsabilité de faire de notre mieux pour protéger nos soeurs et frères humains lorsqu’il y a danger qu’on viole leurs droits ou s’ils risquent d’être pris entre les feux croisés de belligérants.
Conformément à notre acceptation de cet enseignement de Jésus-Christ sur la solidarité humaine, nous avons appuyé l’intervention du Canada en faveur des droits de la personne et du renforcement de la paix, mais dans le présent cas, nous ne pouvons être d’accord avec les moyens. Nous appuyons également la détermination du Canada à faire en sorte que toute violation des droits de la personne fasse l’objet de poursuites en vertu du droit international. Pour les personnes et les États voués à la paix et aux droits humains, il s’agit, du point de vue moral, de trouver les moyens susceptibles de renforcer plutôt que de miner, les conditions qui assurent la paix et la sécurité des femmes et des hommes et le respect de leurs droits.

Nous reconnaissons que dans la situation actuelle en ex-Yougoslavie, toute ligne de conduite, même s’il s’agit de moyens non violents et diplomatiques, va entraîner des tragédies. Le défi consiste en la difficile tâche de trouver, dans la situation actuelle, les moyens les plus susceptibles de rétablir la paix et la justice. Les bombardements de l’OTAN n’ont réussi qu’à aggraver la tragédie et à entraîner une catastrophe humaine plus grande encore.

Nous vous pressons de rechercher, montrant ce leadership que nous vous connaissons, un plus vaste éventail de recours diplomatiques. Nous croyons urgent, entre autres, de ne plus centrer sur l’OTAN l’aspect politique de la diplomatie, le confiant plutôt à l’Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe (OSCE), composé de tous les États de l’OTAN, ainsi que de la Russie et des autres États affectés par la crise. Il faut que le Canada, profitant de sa position durement acquise au sein du Conseil de sécurité, appelle ce dernier à jouer le rôle crucial de surveillance dans la réponse diplomatique et humanitaire à la crise. Si l’engagement formel du Canada envers la sécurité humaine rend plausible un rôle diplomatique de ce genre, son rôle dans les bombardements de l’OTAN vient, en revanche, miner ce rôle.

Tout comme bien d’autres Canadiennes et Canadiens, les membres des Églises que nous représen tons s’offrent à venir en aide aux personnes chassées par les bombardements et par la milice serbe. Elles sont également prêtes à accueillir les réfugiés qui choisissent de venir chez nous. Elles nous confient combien elles apprécient les mesures prises par le gouvernement pour protéger les person nes déplacées dans la région affectée et pour offrir aux réfugiés une place au Canada, s’ils choisis sent d’y venir. Nous n’en tenons pas moins à vous dire toute l’horreur dont nous ont fait part les témoins des effets de ces actions militaires sur des hommes, des femmes et des enfants.

Chargé du lourd fardeau du gouvernement, vous êtes forcé de reconnaître qu’en cherchant à faire beaucoup de bien, on a fait beaucoup de mal. En ces moments difficiles, nous vous pressons, en tant que Premier ministre de notre pays, de vous arrêter, de bien peser la situation et, avec la plus grande prudence, de changer de direction.

Agréez, Monsieur le Premier ministre, l’assurance de notre très haute considération.
(Signatures sur la page suivante)

Mgr Peter Schonenbach, PH
Sécretaire générale
Conférence des évêques catholiques du Canada

Dr. Helmut Harder
Secretaire générale
La Conférence du Mennonites au Canada

Gale Wills,
Clerc
La Convention annuelle canadienne de la Société des Amis (Quakers)

L’archevêque Hovnan Derderian
Primat
Le diocèse canadien de l’église arménienne

Le Très Rév. Michael G. Peers
Primat
L’Église anglicane du Canada

L’évêque Telmor Sartison
L’Église évangélique luthérienne au Canada

L’évêque Seraphim
Évêque d’Òttawa et Canada
L’Église orthodoxe en Amérique

Le Rev. Dr. William Klempa
Modérateur
L’Église presbytérienne au Canada

Le Très Rév. Bill Phipps
Modérateur
L’Église unie du Canada

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